Préparer sa peau au soleil : ok, mais pourquoi ?
Pour la protéger et protéger son organisme !





Pour schématiser, la peau peut être comparée à une maison : si le toit (l’épiderme*) est mal construit, s’il ne garantit pas une protection suffisante contre les agressions extérieures, alors, tous les éléments qui se trouvent à l’intérieur seront soumis à des situations de stress et deviendront dès lors plus vulnérables.


* "L'épiderme, qui est l'interface entre le monde extérieur et notre milieu intérieur, protège quotidiennement notre organisme des agressions de l’environnement."

Vision 'hors série' de la peau par le Docteur Philippe Allouche





I. Le soleil



A. L’héliodermie



On parle d’héliodermie pour désigner le vieillissement cutané lié au soleil. L'exposition aux rayons solaires joue un rôle important dans le vieillissement cutané puisque les rayons ultraviolets représentent 4/5 des causes du vieillissement extrinsèque !


Le vieillissement solaire qu'on nomme aussi photo-induit ou photo-vieillissement accélère la dégradation des tissus cutanés.



Rappels :


Nous avons vu dans #lesleçonsdebeautédeMarie du mois d’août dont le thème était « Protéger sa peau du soleil » que seules les radiations de longueur d’onde supérieure à 290 nm atteignent la surface de la terre – les autres sont en partie absorbées par les couches atmosphériques dont la couche d’ozone, dans la mesure où celle-ci a conservé son intégralité.


• Les UVA (320-400 nm) ont un potentiel génotoxique* indirect dans des conditions d’exposition naturelle, par le biais de la production de radicaux libres. L’exposition au soleil génère donc un stress oxydatif. 
 * Une substance ou un rayonnement sont dits génotoxiques quand ils peuvent compromettre l'intégrité physique (cassure chromosomique) ou fonctionnelle du génome.


• Les UVB (290-320 nm) sont capables de créer quant à eux directement des mutations génétiques. 



Nous sommes inégaux face aux agressions de l’environnement et plus particulièrement face au rayonnement solaire car ces facteurs, propres à chacun, vont moduler les dégâts cutanés photo-induits : 


- le phototype cutané 


- l’âge 


- la longueur d’onde 


- le spectre d’activité des rayonnements 


- la durée et le cumul des expositions. 



Le capital soleil d'un individu est lié aux caractéristiques de production de mélanocytes (taille, activité, distribution) et donc aux caractéristiques de chaque type de peau.


On sait aujourd’hui, d'après la classification de Fitzpatrick (vous vous rappelez ?), qu'il existe un phototype qui sert à ranger chaque individu dans une catégorie selon sa résistance aux expositions solaires.


Sachant que les sujets les plus à risques sont ceux ayant :

- une peau très claire 


- un développement facilité des taches de rousseur 


- eu des coups de soleil avant l’âge de 15 ans. 




B. Impacts sur la peau



Les rayons ultraviolets ont des conséquences sur les cellules de la peau en détruisant les chaînes d'ADN.


Quand il y a une longue exposition au soleil, le processus de réparation de l'ADN s'effectue plus lentement et moins bien.


Les cellules de la couche basale, qui permettent le renouvellement de la peau, sont touchées, une diminution de la production de collagène, de mélanine et d'élastine survient alors.


Les rayons UVA agissent en profondeur, principalement dans le derme, ce qui crée un affaiblissement des fibres de collagène et d'élastine.


Les rayons UVB favorisent le bronzage. Or, le bronzage et les coups de soleil répétés précipitent le vieillissement de la peau avec l'apparition de rides. 



Les taches de rousseur et l’hyperpigmentation surviennent lorsque la peau tente de se protéger des effets néfastes du soleil. Les taches pigmentaires ou lentigos séniles sont très fréquentes et touchent préférentiellement les zones les plus exposées telles que les mains, le visage, les avant-bras et le décolleté.


Selon le phototype cutané, l’héliodermie va se manifester par une très grande hétérogénéité (disparité, diversité) clinique.





➢ Impact de l’héliodermie sur un phototype de type I ou II

Chez les sujets présentant un phototype I ou II, c’est-à-dire de type anglo-saxon ou caucasien, les manifestations cliniques sont essentiellement des rides, une dilatation des petits vaisseaux sanguins et une hyperplasie sébacée.


➢ Impact de l’héliodermie sur un phototype de type III ou IV

Chez les sujets présentant un phototype III ou IV, on observe surtout des troubles pigmentaires.



C. Classification Fitzpatrick



La sensibilité des peaux face au soleil est classée au niveau international en 6 phototypes grâce à la classification de Fitzpatrick qui tient compte de la quantité et de la nature des mélanines produites par la peau et qui la protègent des rayons U.V.


➢ Aussi, plus la peau est sensible (phototypes de I à IV), plus les systèmes de protection intrinsèques sont faibles, plus il faudra additionner les systèmes de protection externes.





Figure 8 : Classification des phototypes





II. La nutrition





Parmi les facteurs extrinsèques intervenant dans les processus de vieillissement cutané, une place importante est accordée à la nutrition.


Celle-ci est bénéfique quand elle apporte des vitamines, caroténoïdes* et oligo-éléments dont le rôle comme agents antioxydants est important, mais elle peut aussi être source d’apports néfastes, voire toxiques. Aussi, les repas trop lourds, trop sucrés et trop salés entraînent une peau terne et fatiguée.


*mais oui, vous vous rappelez ? Ils sont présents dans tous ces fruits et légumes colorés que l’on aime tant et que l’on trouve sur nos marchés en été !


Les lipides, quant à eux, potentialisent la calcification des fibres d’élastine, facilitant leur dégradation et provoquant par conséquent une perte de l’élasticité cutanée.


Les excès alimentaires sont donc des facteurs aggravants du vieillissement cutané déjà influencé par de nombreuses carences en nutriments.

➢ Il est donc important d’avoir une alimentation équilibrée riche en fruits, légumes et acides gras essentiels car ces aliments renferment des antioxydants qui luttent contre les radicaux libres et protègent ainsi l’organisme.


Les antioxydants sont des molécules qui diminuent ou empêchent l'oxydation d'autres substances chimiques, et donc capables de neutraliser les radicaux libres* qui altèrent la peau et accélèrent son vieillissement. Un régime pauvre en antioxydants ne contribuera pas au ralentissement du vieillissement cutané.


En revanche, une alimentation comprenant beaucoup de fruits et légumes riches en antioxydants peut constituer l'un des axes clés dans la prévention globale du processus de vieillissement cutané.


Les omégas 3 font partie des acides gras essentiels, c’est-à-dire que nous sommes incapables de les fabriquer, au même titre que les vitamines. Les omégas 3 entrent dans la composition des membranes cellulaires, ils favorisent l’hydratation et la souplesse cutanée. On retrouve les omégas 3 dans de nombreuses huiles, comme l’huile de colza, de lin, de noix, de soja, germe de blé. Ils sont également présents dans les poissons (saumon, thon, sardines...) mais aussi les fruits à coques.



*Radical libre : molécule ou atome qui possède un électron non apparié sur sa couche externe





III. La pollution et le tabac





La peau possède un système de détoxification naturel : l’autophagie, qui est un processus de nettoyage et de recyclage dans la cellule.


Or, quand on vieillit, ou que la peau est très agressée, notamment par un environnement urbain, les lysosomes (qui ont fonction de "poubelle" cellulaire où les molécules non fonctionnelles sont éliminées) sont moins nombreux et moins efficaces.


La peau est alors saturée en toxines et présente des microlésions ; elle perd en fermeté, en éclat, et se déshydrate plus facilement.


La pollution et le tabac ont des méfaits communs, par voie externe. Lorsque les pores se dilatent, sous l’effet de la chaleur par exemple, les microparticules contenues dans les fumées de cigarettes ou de pollution pénètrent au sein des pores et les obstruent.


Par ailleurs, on retrouve dans les composants de la cigarette, une alliance de différentes molécules qui tuent l’enzyme de desquamation naturellement présente dans la peau qui a pour rôle d’assurer le renouvellement cellulaire. En l’absence de celle-ci, la peau s’épaissit, des imperfections et des petits boutons apparaissent.


En plus de cela, la cigarette engendre ses propres réactions sur la peau par voie interne : lors de la consommation d’une cigarette les radicaux libres génèrent une forte oxydation cellulaire qui détruit la vitamine C de l’organisme, indispensable à la synthèse du collagène. Cela entraîne un dysfonctionnement cellulaire impliquant l’apparition de rides, par effet de déshydratation.


A noter que la gestuelle des fumeurs entraine également le plissement des yeux et la formation de sillons marqués autour de la lèvre supérieure et aux coins des yeux.


La cigarette a aussi un impact non négligeable sur le teint par son effet vasoconstricteur qui va diminuer l’oxygénation des tissus rendant le teint gris. Cet effet est encore plus visible au niveau du contour de l’oeil puisque le sang s’y épaissit et provoque l’apparition de cernes et de poches.


A très vite pour la suite et les éléments intrinsèques !